La Terre est cosmique : sept façons d'élargir notre regard

On a tendance à négliger, et même à détruire, ce qu'on ne connaît pas. Surtout si on en a peur. Et si le premier geste écologique, c'était d'apprendre à connaître la Terre pour vrai?

Depuis toujours, l'être humain a peur des éléments. Du froid, de la nuit, des bêtes, de la forêt, des maladies. Dans un monde perçu comme hostile, il a développé une attitude de contrôle : se protéger de la nature, la dompter, la mettre à son service. On peut le comprendre. Mais à force de se défendre contre elle, on a fini par oublier qu'on en fait partie.

Il est temps de redevenir ami avec la Terre. Et même mieux : d'élargir notre conception de la Terre, par une expérience pratique et sensible.

Une boule de roche?

La science moderne, et la vision écologiste qui en découle souvent, nous propose une image surtout physique du monde. La Terre y apparaît comme une boule de roche recouverte d'une mince couche de vie fragile, flottant dans un univers sans vie.

Cette image a beaucoup apporté. Mais elle est étroite. Et elle a des conséquences : si la Terre n'est qu'un tas de ressources, pourquoi se gênerait-on pour s'en servir?

Il existe d'autres façons de voir la Terre, et elles font leur chemin. Elles nous invitent à la percevoir comme un être aussi complexe qu'intelligent, vivant dans un système solaire, lui-même dans une galaxie. La Terre est vraiment cool. Elle est cosmique!

Voici sept pistes pour élargir le regard.

1. La nature a plusieurs dimensions

Notre monde ne se limite pas à ce que nos cinq sens perçoivent. Toutes les grandes traditions décrivent plusieurs plans d'existence, du plus dense au plus subtil : le physique, l'énergétique, l'émotionnel, le mental, puis des dimensions plus spirituelles encore. On peut les imaginer comme les octaves d'une grande gamme musicale.

Et dans ces traditions, chaque plan est habité. Comme le monde physique est peuplé de plantes et d'animaux, les plans plus subtils seraient peuplés de forces vivantes, que les cultures ont appelées esprits de la nature, élémentaux, dévas, esprits du lieu.

Je ne demande à personne de le croire sur parole. J'invite à l'explorer par l'expérience. Mais cette perspective a une vertu : elle recadre humblement l'être humain dans une biosphère qui n'est pas seulement physique. Nous cohabitons la Terre avec bien plus de vies que nous le pensons.

2. Tout est relié

Les mystiques le disent depuis longtemps : ce qui semble matériel est, au fond, énergie et relation. Tout est relié en un grand tissu vivant.

Ça veut dire plusieurs choses très concrètes :

  • l'être humain est un système en circuit ouvert : il échange constamment avec ce qui l'entoure;

  • nos actions, nos émotions, nos pensées et nos états de conscience ont un effet sur le monde;

  • nous sommes nous-mêmes influencés par une multitude de forces que nous ne contrôlons pas;

  • la relation entre les formes compte davantage que l'apparence passagère de ces formes.

Tout ça pour dire une chose toute simple, et pourtant immense : changer notre regard sur le monde change le monde.

3. La Terre est un être vivant

Plusieurs traditions considèrent la Terre comme un être à part entière, une conscience cosmique. Certains nomment son âme Gaïa.

Vu ainsi, nous ne sommes pas seulement des locataires sur une planète. Nous sommes des consciences incarnées qui viennent collaborer avec une autre conscience, incarnée, elle, dans un corps céleste. Nous sommes ici pour grandir, mais aussi pour contribuer à l'évolution de tout ce qui vit avec nous.

L'idée peut sembler poétique. Pour les chamans, les mystiques et les explorateurs des mondes intérieurs de toutes les époques, elle était une évidence vécue. Je vous invite simplement à prendre un moment, dehors, pour sentir cette vaste présence. Elle vibre, elle respire, elle change… avec nous.

4. Ça pousse!

La nature possède une intelligence. Elle crée de l'ordre, et elle semble animée d'une véritable volonté d'évolution. De l'atome aux étoiles, en passant par les cellules et tous les organismes vivants, tout est en croissance, comme propulsé par une force d'amour.

Notre mental a du mal à saisir l'ampleur de cette idée. Notre intuition, elle, la reconnaît. Les traditions ont essayé de nommer cette force à leur façon : la volonté, l'intelligence, l'amour du divin, de la source.

Et voici ce que j'en retiens dans la vie de tous les jours : puisque cette force est naturelle et puissante, on peut s'y abandonner. Quand on relâche la résistance au changement, la pression diminue. On est porté au-delà de notre petite histoire.

La vie pousse. Elle fait pousser les fleurs. Elle fait aussi pousser les humains.

5. Notre corps est la Terre

Se croire séparé des autres et de son environnement, voilà une des plus grandes illusions qui soient.

Je ne dis pas que l'ego est un ennemi. Il fait partie du « package deal » de l'incarnation humaine! Mais il ne doit pas prendre toute la place. Quand il se détend, on peut se sentir à la fois unique, différent, et parfaitement relié au tout.

Un arbre ne peut pas vivre sans la terre, le mycélium, l'eau, l'air et le soleil. Nous non plus. Nous empruntons un corps à la Terre, que nous composons repas après repas, et nous l'habitons pour un temps. Nous ne sommes pas dans notre environnement : nous en sommes faits.

Prendre soin de la Terre commence donc par prendre soin de ce petit bout de location temporaire : notre propre corps.

6. La nature veut nous nourrir

Comme une mère qui veut nourrir ses enfants, la Terre prend soin de toutes les créatures qui vivent en elle et sur elle. Ce dont nous avons vraiment besoin s'y trouve en abondance.

Le manque naît souvent ailleurs. De la peur de manquer, qui vient elle-même d'un vide intérieur, d'une déconnexion d'avec la vie. Et cette peur pousse à accaparer, à accumuler, que ce soit à l'échelle d'une personne, d'une société ou d'une entreprise.

La réponse est d'une grande simplicité : retrouver notre connexion à la force de vie de la nature et apprendre à y puiser directement vitalité, amour et conscience. Les forces nourricières de la Terre et du cosmos sont là depuis toujours. Il est peut-être temps d'arrêter de résister et de se syntoniser à elles.

7. La grande valse cosmique

Pour vraiment saisir la Terre, il faut faire un « zoom out ». Sortir de notre petite perspective humaine et la voir dans son environnement et dans sa longue histoire.

La Terre fait partie d'un vaste corps : le système solaire. Elle y est comme un organe, en relation avec sa lune, les autres planètes et le soleil. Elle est en circuit ouvert avec les énergies du cosmos. Et son histoire est immense : l'aventure humaine n'en occupe qu'une toute petite page.

Nous en faisons pourtant bel et bien partie. Comme une petite cellule qui s'éveille dans le grand corps auquel elle contribue.

Complètement cosmique

Le monde dans lequel nous vivons est immensément plus complexe, plus intelligent et plus vivant que ce que nos sens nous en montrent. Il y a un ordre qui nous dépasse, et qui pourtant orchestre notre monde.

Comment s'y reconnecter? Par le corps. Par l'ouverture de nos sens plus subtils et de notre intuition. Et en guérissant un peu de ce que j'appelle notre « misère nombriliste ».

La Géosophie est une invitation à retrouver sa juste place sur Terre. Mais quelle Terre! Une Terre cosmique.

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